Plus qu’un mot, un symbole : celui de la prétendue inflexibilité de Marine Le Pen. Après avoir promis de s’y attaquer lors de la dernière élection présidentielle, seize ans après l’avoir décrit comme une situation « indigne de la qualité de citoyen » dans son livre A contre flots (Ed. Grancher, 2006), la députée (Rassemblement national, RN) du Pas-de-Calais ne voulait plus parler d’assistanat depuis 2022. Elle jugeait l’expression discriminante à l’égard des catégories populaires.
« Je ne veux pas nourrir l’idée, développée par nos dirigeants politiques et par un certain nombre de partis politiques, consistant à dire que le chômage serait la faute de ceux qui ne veulent pas travailler », justifiait-elle encore en octobre 2025, évoquant une expression absente « de [son] programme et de [son] vocabulaire ». Une position qui a radicalement évolué le 1er mai.
Marine Le Pen voulait profiter de son discours à Macôn (Saône-et-Loire) pour « préciser [sa] philosophie de l’économie ». Sa prise de parole a surtout accouché d’un énième revirement, tout aussi sémantique qu’idéologique. Trois fois, elle a réintégré l’« assistanat » à son vocabulaire. « La nécessaire solidarité nationale, à laquelle je crois profondément et que je défends avec la plus grande détermination parce qu’elle est naturelle, n’a rien à voir avec l’adhésion malsaine à un assistanat endémique, entretenu et encouragé », a développé la présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale.
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Source:
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