Requins marcheurs mantas gothiques bienvenue dans le dernier

Avec plus de 1 500 îles disséminées au cœur du Pacifique occidental, Raja Ampat se situe dans le célèbre Triangle corallien, zone considérée comme l’épicentre mondial de la biodiversité marine. Ses récifs, parmi les plus sains de la planète, abritent des milliers d’espèces de poissons, de mollusques et de coraux.


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L’isolement relatif de l’archipel a permis à la faune et à la flore de prospérer loin des pressions humaines intensives observées ailleurs. Résultat : de nombreuses espèces y sont endémiques, c’est-à-dire présentes nulle part ailleurs sur Terre.

Parmi elles, le spectaculaire requin-épaulette léopard (Hemiscyllium freycineti), surnommé requin marcheur. L’animal a marqué les esprits lorsqu’il a été filmé avançant sur les fonds marins grâce à ses nageoires pectorales et pelviennes, comme s’il marchait.

Des requins étranges et des mantas « gothiques »

Autre curiosité locale : le requin-tapis à franges, l’un des poissons les plus singuliers de la région. Plat, parfaitement camouflé et bordé d’appendices cutanés évoquant des franges, il passe presque invisible sur les fonds coralliens.

Un corps long, épais et gris. Une petite tête. Un museau court et arrondi. Des yeux opaques et inanimés. C’est la description du requin du Groenland (Somniosus microcephalus). Ou plutôt, c’était. Car une équipe de l’université de Californie (États-Unis) révèle aujourd’hui que l’animal n’est pas si aveugle que ça… © dottedyeti, Adobe Stock

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Raja Ampat se distingue aussi par une concentration exceptionnelle de raies manta noires, qu’il s’agisse de la manta océanique géante (Mobula birostris) ou de la manta récifale (Mobula alfredi). Cette coloration sombre est liée au mélanisme, une hyperpigmentation rare donnant à ces géantes une apparence spectaculaire.

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L’isolement de Raja Ampat a permis à ses écosystèmes marins de rester parmi les plus riches et préservés au monde. © Igor Tichonow, Adobe Stock

Des chercheurs ayant observé plus de 500 groupes sociaux de mantas récifales sur cinq ans ont également montré que ces animaux entretiennent de véritables réseaux sociaux, choisissant certains partenaires et multipliant les interactions régulières.

Même sur terre, les surprises continuent

La biodiversité de Raja Ampat ne s’arrête pas à la mer. Sur l’île de Waigeo, au sommet du mont Nok, une expédition scientifique partie à la recherche d’une orchidée disparue depuis longtemps a permis deux découvertes majeures.

Les chercheurs ont d’abord retrouvé Dendrobium azureum, une rare orchidée bleue. Mais ils ont aussi identifié une espèce totalement nouvelle pour la science : Dendrobium lancilabium, remarquable par ses fleurs rouge éclatant.

Rejoindre Raja Ampat demande toutefois un certain effort : depuis Jakarta ou Makassar, il faut d’abord rallier Sorong, puis embarquer en ferry vers l’archipel. Un long voyage vers l’un des derniers mondes encore préservés.


Source:

www.futura-sciences.com