Selon ce futurologue nous sommes en train de gagner la

Le compte à rebours est lancé. Pour la plupart d’entre nous, vieillir est une fatalité: chaque année qui passe nous rapproche de la fin. Mais imaginez un instant que, pour chaque bougie soufflée, la science vous offre non pas douze, mais quatorze ou seize mois d’espérance de vie supplémentaire. Mathématiquement, vous ne seriez plus en train de perdre du temps, mais d’en gagner. C’est ce qu’on appelle la «vitesse de libération de la longévité».

Et c’est le pari fou de Ray Kurzweil, ancien ingénieur de chez Google, chercheur et futurologue, connu pour avoir anticipé l’explosion d’internet bien avant tout le monde. Il estime que nous atteindrons ce point de bascule technologique dès 2029. Selon ce partisan du transhumanisme, nous ne sommes qu’à quelques pas d’une révolution médicale sans précédent où la biologie, enfin codée comme un logiciel informatique, nous permettra de réparer nos cellules plus vite qu’elles ne se dégradent.

Nous avons déjà entraperçu cette accélération fulgurante. Dans un article publié récemment par Popular Mechanics, Ray Kurzweil rappelle l’exploit des vaccins à ARN messager: «Nous avons obtenu le vaccin contre le Covid-19 en dix mois. Il a fallu deux jours pour le créer. Parce que nous avons séquencé plusieurs milliards de séquences d’ARNm différentes en deux jours.» Pour le chercheur, c’est la preuve que la simulation biologique change la donne.

En comprenant le langage secret de notre ADN, les scientifiques espèrent non seulement traiter les symptômes, mais carrément reprogrammer les organes fatigués. Si Ray Kurzweil voit juste, la barre symbolique des 100 ans pourrait bientôt devenir la norme plutôt que l’exception, transformant radicalement notre vision de la retraite, de la carrière et même de la famille.

Un horizon plein de promesses, mais aussi de zones d’ombre

Attention toutefois à ne pas confondre longévité et immortalité. Même si la science nous permettait de remonter le temps sur notre horloge biologique, nous resterions des êtres de chair et de sang, soumis aux aléas du monde réel. Un accident de la route ou une chute imprévue ne se soignent pas avec une mise à jour logicielle. Comme le précise Ray Kurzweil: «Cela ne vous garantit pas de vivre éternellement. Vous pourriez avoir un enfant de 10 ans avec une longévité calculée sur plusieurs décennies, il pourrait pourtant mourir demain.»

L’autre grand défi est celui de l’égalité. Si ces technologies de pointe voient le jour en 2029, qui pourra réellement en bénéficier? Le risque d’une humanité à deux vitesses est réel, avec d’un côté, une élite capable de s’offrir des années de vie supplémentaires, et de l’autre, des milliards d’individus n’ayant pas accès aux soins de base. C’est le paradoxe de notre siècle où l’on rêve d’éternité alors que des maladies curables font encore des ravages.

Malgré ces réserves, l’optimisme de Ray Kurzweil reste un moteur puissant pour la recherche mondiale. Son taux de réussite impressionnant dans ses prédictions passées –environ 86%… selon ses propres calculs– force le respect, même chez les plus sceptiques. Il nous invite à repenser notre existence non plus comme un déclin inévitable, mais comme un capital temps que la technologie pourrait nous aider à faire fructifier.

En fin de compte, que la «vitesse de libération» soit atteinte en 2029 ou un peu plus tard, le message est clair: la frontière entre la science et la science-fiction est de plus en plus poreuse. Si nous ne sommes pas des dieux, nous apprenons enfin à mieux dialoguer avec notre propre biologie. Pour le meilleur ou pour le pire?


Source:

www.slate.fr