Forte préoccupation officielle : Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté (CGLPL) publie deux avis au Journal officiel qui dressent un bilan préoccupant des décès en milieu carcéral. Les documents indiquent que 275 personnes sont décédées en détention au cours de 2025 et que 136 de ces décès ont été qualifiés de suicides. La France apparaît ainsi avec un taux de suicide en détention supérieur à la médiane observée au niveau européen, selon l’organisme.
Les avis mettent en lumière l’absence d’un compte précis et consolidé des décès intervenus chaque année dans les lieux de privation de liberté. Cette incertitude concerne non seulement le dénombrement global mais aussi la catégorisation des causes de décès et la distinction entre établissements. Le constat de la CGLPL souligne les limites des séries statistiques actuellement disponibles pour les prisons et autres structures de privation de liberté.
La signalisation d’un taux de suicide plus élevé que la médiane européenne soulève des questions sur les dispositifs de prévention, la prise en charge psychiatrique et le suivi médical en détention. Une comptabilité fiable est présentée comme un préalable nécessaire pour évaluer l’efficacité des mesures existantes et pour identifier les établissements où les risques sont les plus élevés. Les constats de la CGLPL rappellent l’importance de renforcer la surveillance des indicateurs sanitaires et pénitentiaires, ainsi que la coordination entre autorités responsables de la santé et de la sécurité.
Au-delà des chiffres, ces avis invitent à une meilleure transparence des données et à des travaux approfondis pour comprendre les déterminants de ces décès en milieu carcéral. Les informations publiées alimenteront le débat public et devront être prises en compte par les acteurs institutionnels en charge des politiques pénitentiaires et de santé mentale afin d’améliorer les dispositifs de prévention et de suivi.

