L’accord de Turnberry fragilisé ? Depuis son arrivée à la Maison Blanche en janvier 2025, Donald Trump joue avec les droits de douane comme bon lui semble. Une menace constante pour les partenaires commerciaux des Etats-Unis. Cette fois, les constructeurs automobiles européens sont dans le viseur.
Vendredi, le chef d’Etat a annoncé sa volonté de passer à 25 % les droits de douane sur les voitures et les camions européens. Et ce, alors que l’accord de Turnberry négocié par l’Union européenne en juillet dernier – après des mois de yoyo trumpien – prévoit que la majorité des produits venant d’Europe soient taxés à hauteur de 15 %. « Nous avons un accord, et l’essence de cet accord, c’est la prospérité, des règles communes et la fiabilité », a affirmé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, après les menaces américaines.
Les constructeurs allemands en première ligne
S’ils sont bel et bien appliqués, les droits de douane revus à la hausse toucheraient majoritairement « les constructeurs allemands », principaux exportateurs de véhicules en Europe, mentionne Bruno Choix, vice-président de la Fédération Nationale de l’Automobile (FNA). Audi, Volkswagen, Porsche… « Les constructeurs haut de gamme d’origines allemandes exportent massivement vers les Etats-Unis, c’est d’ailleurs toute la logique de Trump », insiste l’expert, rappelant que cette annonce intervient quelques jours après le refus du chancelier allemand Friedrich Merz de participer aux opérations menées par Washington dans le détroit d’Ormuz.
« S’ils produisent des voitures et des camions dans des usines situées aux Etats-Unis, aucun droit de douane ne sera appliqué », a précisé le président lors de son annonce. Des pays comme la France, l’Italie ou l’Espagne seraient alors moins concernés par cette surtaxe, précise l’expert : le groupe automobile « Stellantis possède déjà des entreprises aux Etats-Unis ». « C’est toujours inquiétant, même si la France n’est pas directement concernée, tout peut descendre en cascade sur les autres pays européens », précise toutefois Bruno Choix.
Perte d’emplois en Europe
Les conséquences pour le vieux continent pourraient être lourdes : une baisse du volume de fabrication de véhicules européens pour le marché américain entraînerait « une perte d’employabilité en Europe », alerte-t-il. « Quand on parle d’industrie, on pense aux constructeurs, mais ce sont des milliers de sous-traitants qui seront lourdement touchés, ce serait dramatique ».
Notre dossier sur les droits de douane américains
Les Etats-Unis sont l’un des principaux exportateurs de voitures européennes. « Pour les Etats-Unis, c’est un moyen de menacer les pays européens qu’il souhaite rallier à sa cause dans la guerre en Iran… Du chantage à la Trump », ajoute le vice-président de la FNA qui, mardi matin, n’avait pas eu vent de l’application imminente de cette surtaxe.
Source:
www.20minutes.fr
