Une lettre de suicide attribuée à Jeffrey Epstein et rédigée dans une prison de Manhattan serait restée secrète pendant près de sept ans, conservée sous scellés dans un tribunal de New York, révèle le New York Times. Ce document, dont l’existence n’a été révélée que plus tard, n’a jamais été rendu public, alors même que l’enquête sur la mort du financier a suscité un immense intérêt.
Selon un ancien codétenu, Nicholas Tartaglione, la note aurait été découverte en juillet 2019, peu après que Jeffrey Epstein a été retrouvé inconscient, une bande de tissu autour du cou. Le milliardaire américain pédocriminel avait survécu à cet épisode, avant d’être retrouvé mort quelques semaines plus tard dans sa cellule.
D’après les éléments judiciaires et les entretiens rapportés, cette note a ensuite été scellée par un juge fédéral dans le cadre de la propre affaire pénale de Nicholas Tartaglione. Résultat: les enquêteurs chargés d’examiner la mort de Jeffrey Epstein n’auraient pas eu accès à une pièce potentiellement importante du dossier.
Le New York Times a demandé jeudi 30 avril le dégel de ce document, qui contiendrait notamment la formule «It was time to say goodbye» («Il était temps de dire au revoir»), selon le souvenir de Nicholas Tartaglione. Le journal précise ne pas avoir vu la note elle-même et ne pas l’avoir retrouvée dans les dossiers Epstein récemment rendus publics par le ministère de la Justice américain. Aucune mention de cette note n’apparait dans les documents officiels diffusés par la Justice américaine.
Une lettre cachée dans une bande dessinée
La mort de Jeffrey Epstein, à 66 ans, a été qualifiée de suicide par le médecin légiste de New York. Mais les nombreuses défaillances relevées dans la prison de Manhattan, aujourd’hui temporairement fermée, ont alimenté pendant des années les spéculations sur les circonstances exactes du décès.
Nicholas Tartaglione, ancien policier poursuivi dans une affaire de quadruple homicide et aujourd’hui condamné à quatre peines de prison à perpétuité, nie avoir agressé Jeffrey Epstein. De son côté, le financier américain avait d’abord affirmé aux autorités que son codétenu l’avait attaqué, avant de dire ensuite qu’il n’avait «jamais eu de problème» avec lui et qu’il se sentait en sécurité à ses côtés.
Dans des entretiens accordés depuis une prison fédérale en Californie, Nicholas Tartaglione avait expliqué avoir trouvé la lettre cachée dans une bande dessinée, après le passage de Jeffrey Epstein en surveillance anti-suicide, puis l’avoir remise à ses avocats parce qu’elle pouvait lui servir dans sa propre défense.
Les avocats de Nicholas Tartaglione ont tenté de l’authentifier, puis le document a fini entre les mains du tribunal, avant de se retrouver mêlé à un conflit d’avocats, avec plusieurs pièces placées sous scellés pour préserver le secret professionnel.
Source:
www.slate.fr
